nous est indispensable. Pour les chiots, je passe beaucoup de temps avec eux, je leur apprends à être débrouillards, à s’adapter au terrain, cela les prépare au travail que l’on attendra d’eux par la suite. La Berger des Pyrénées est un excellent compagnon très proche de son maître et qui a besoin de faire quelque chose pour être épanoui, quelque soit le « travail » qu’on lui demande ; polyvalent, il s’adapte bien à de nombreuses disciplines ». Agnès a d’ailleurs l’an passé été quatrième au Championnat de France d’Agility avec Esparcet de l’Oustaou de Padel, étalon élite B, gagnant au Championnat du monde à Valencia et à Berne…et premier en classe jeune à la Nationale d’élevage 90, CACS à celle de 91. Toujours cette recherche du beau et du bon, la conformité au standard et l’aptitude à utiliser. La première chienne produite par l’élevage ayant gagné obtenus des résultats en Nationale d’élevage a été Violette de l’Oustaou de Padel, troisième en classe ouverte.
André se rappelle ce grand moment ou Fède (brebis en occitan) de l’Oustaou de Padel a été meilleur sujet de l’exposition à Longchamp en 93 ; bien que Fède ait obtenu un certain nombre de récompenses en exposition, ils ne s’attendaient pas à un pareil résultat :
«les larmes ont coulé, je n’y croyais pas
d’autant que le meilleur chien du dimanche était présenté par un routier du ring,
beaucoup plus expérimenté que nous l’étions ; quand le Docteur Surget qui jugeait de BIS a tendu son poing à Fède qui est allée le renifler sans aucune forme de crainte ou d’agressivité, j’ai senti que tout était possible ». Souvenir de ce grand moment, la coupe du BIS trône dans le séjour. Tout cela est une histoire de famille, Fède est le fille d’Esparcet, lui même fils d’Alari du Grand Bestiolant qui a obtenus le CACS de la Nationale d’élevage en 87, 89, 90. 1990, une grande année pour l’élevage puisque le premier en classe jeune, le CACS mâle et le CACS femelle provenaient de l’Oustaou de Padel. En matière d’élevage les Audibert travaillent avec une certaine consanguinité mais en utilisant régulièrement des saillies extérieures. Le nombre de chiens à l’élevage n’est que de treize, Agnès explique que le Berger des Pyrénées n’est pas fait pour vivre en chenil et que cela limite le nombre de chiens.
André souligne que la sélection de leurs clients se fait tout naturellement puisqu’ils refusent d’expédier un chiot ; le futur acquéreur doit venir le chercher, s’il refuse, c’est qu’il n’est pas suffisamment motivé. Motivé, c’est vrai, il faut l’être car la vallée de la Beaume est vraiment loin de tout, mais comme les chiens d’Agnès et André Audibert, elle se mérite ! ils sont satisfaits de voir qu’un grand nombre de chiens qu’ils produisent soient présentés à la confirmation et qu’ils gardent de bonnes relations avec leurs acquéreurs. « La première fois, ils ont du mal à trouver, ils se perdent, mais après ils reviennent en vacances ». Certains accompagnent même André à la transhumance le long des drailles, ces sentiers destinés à cette migration dont certains datent de l’époque romaine ; les propriétaires de chiens citadins sont, paraît-il, surpris de voir comment leur chien « retrouve ses racines ».

Agriculteurs, les Audibert vivent de l’élevage des brebis, de la vente des fromages de chèvre et de la récolte des châtaignes. L’élevage de chiens n’est qu’une activité complémentaire, il ne leur semble pas qu’il soit possible d’en vivre. Leurs méthodes de travail sont traditionnelles tant pour l’agriculture que pour l’élevage de leurs Bergers qui doivent pour eux rester tels qu’ils se sont sélectionnés pendant des siècles dans les vallées des Pyrénées, chaque vallée ayant sont type de Berger. L’été, André regroupé avec des collègues, emmène son troupeau de brebis dans la montagne et ce sont mille cinq cents têtes de bétail qui transhument ainsi ; les bergers restent à tour de rôle là-haut. « Autant que le chien, c’est un peu de toute cette tradition que l’on vend » dit Agnès. Le temps consacré à l’élevage de ses chiens, elle ne le comptabilise pas : « quand on aime… ». Ils font une dizaine à une quinzaine d’exposition par an, la Nationale d’élevage bien sûr et Longchamp, toujours très rapidement car ils ne peuvent laisser leurs bêtes trop longtemps, ils trouvent que ces sorties, bien que fatigantes, leurs permettent de trouver des contacts car ils vivent de façon très retirée ; ils ont conscience que l’élevage leur donne une ouverture sur l’extérieur.
Les Audibert reconnaissent modestement avoir obtenu des résultats qu’ils qualifient d’honorables, on est là bien loin des publicités ronflantes vues ici ou là. Ils sont heureux de pouvoir obtenir ce qu’ils cherchent en matière d’élevage : un équilibre entre la conformité au standard et l’utilité. Il faut vraiment leur poser des questions sur les résultats obtenus par les chiens produits pour obtenir les réponses. « Oui, il y a eu aussi Ubac de l’Oustaou de Padel à Monsieur Domage, deux fois Champion de France de Pistage et qui est également Champion de France de Conformité au Standard » ; « mais » dit Agnès « il a trouvé le bon maître ». On sent très bien que la « championnite », ce n’est pas leur truc et que l’essentiel pour eux n’est pas là. Peut-être qu’ici dans cette Ardèche superbe et authentique, on a le sens de la vraie valeur des choses.

Anne-Marie Class

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